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Karnage Records

Hardcore label since 1998

Notre histoire

KARNAGE RECORDS — TROIS DÉCENNIES DE CULTURES ÉLECTRONIQUES INDÉPENDANTES

1994 – 1998 : Les racines du mal

L’histoire de Karnage Records trouve ses racines dans Fraktal Concept, sound system fondé en 1994 par Thanos, Matt et Maniak dans le sud-ouest de la France.

À une époque où les free parties constituent un véritable mouvement culturel alternatif, le collectif organise de nombreux événements et développe des collaborations avec Praxis, Stormcore et d’autres acteurs et activistes des scènes électroniques européennes.

Fraktal rassemble alors une vingtaine de personnes aux profils complémentaires : musiciens — Mouse, Maniak, No Name, Joël Giraldou… —, DJs — Thanos, Matt, Gobelin, Gyl, Eclypse, THX… — mais aussi graphistes, techniciens, organisateurs et décorateurs.

Au-delà de l’organisation de fêtes, Fraktal participe à la structuration d’une scène underground encore émergente. Le collectif produit plusieurs vinyles et collabore avec des figures et structures majeures du mouvement telles qu’Armagued Nad, Praxis ou Stormcore.

Dans un contexte où les musiques électroniques et les free parties font encore l’objet d’une forte stigmatisation, les membres du collectif prennent également la parole dans différents fanzines. Ils y défendent les artistes issus de ces scènes et revendiquent la reconnaissance de la free party comme un véritable mouvement artistique et culturel.

Cette culture de l’indépendance, du collectif, de l’expérimentation et du Do It Yourself constitue le socle sur lequel Karnage Records va se construire.

1998 – 2019 : De l’underground aux grandes scènes

Après plusieurs années d’activité, les membres de Fraktal suivent progressivement leurs propres trajectoires artistiques. C’est dans cette dynamique que DJ Thanos fonde Karnage Records en 1998.

Dès les années 2000, Karnage dépasse rapidement le seul rôle de label discographique. La structure développe simultanément la production musicale, la diffusion d’artistes et l’organisation d’événements en France comme à l’étranger.

Les premières soirées Lost Island, organisées au Bikini à Toulouse, marquent un tournant. La troisième édition rassemble près de 5 000 personnes autour de figures emblématiques du hardcore telles que Liza N’Eliaz, Manu Le Malin, Micropoint, Radium, Joshua ou Armagued Nad.

Karnage s’affirme progressivement comme l’un des acteurs importants de la scène hardcore française.

KOALITION: FÉDÉRER LES CULTURES ÉLECTRONIQUES

En 2005 naît le festival Koalition.

Pensé comme un rendez-vous fédérateur des musiques électroniques, le festival élargit rapidement sa programmation à différentes esthétiques et fait dialoguer artistes internationaux, figures historiques et collectifs émergents de la scène toulousaine.

Certaines éditions réunissent plus de 10 000 festivaliers.

À partir de 2011, Koalition change d’échelle avec deux jours de programmation, huit scènes et plus de 80 artistes, DJs, VJs et performeurs.

Parallèlement, Karnage développe un réseau international solide. Des collaborations se construisent notamment avec les scènes belge, néerlandaise et tchèque, tandis que les échanges avec la Colombie deviennent l’un des axes forts du développement international du label.

Des événements et collaborations voient ainsi le jour à Bogotá, Prague et dans plusieurs villes européennes, inscrivant durablement Karnage dans les réseaux internationaux des musiques électroniques hardcore.

Vingt ans de Karnage

Pour célébrer ses vingt ans, Karnage organise en 2018 une série d’événements anniversaire dans plusieurs lieux emblématiques de Toulouse.

Cette célébration atteint son point d’orgue le 9 février 2019 avec Day One, un événement de plus de neuf heures organisé au Zénith de Toulouse, réunissant une vingtaine d’artistes devant près de 5 000 spectateurs.

Cet anniversaire symbolise le chemin parcouru : d’un sound system issu des free parties à une structure capable de produire des événements de grande ampleur, sans renoncer à son identité indépendante.

Depuis 2020 : de label indépendant à acteur culturel

À partir de 2020, Karnage poursuit sa transformation dans un contexte particulièrement difficile pour le secteur culturel.

La crise sanitaire conduit la structure à repenser son modèle économique et à accélérer sa diversification.

Autour de ses activités historiques de production musicale, de diffusion d’artistes et d’organisation d’événements, elle renforce progressivement l’accompagnement artistique, développe son activité de booking, intensifie ses coopérations internationales et investit davantage les champs de la transmission, de la médiation culturelle et de la formation.

Près de trente ans après sa création, Karnage Records s’est ainsi imposé comme l’un des labels indépendants français de référence dans le champ des musiques hardcore et électroniques radicales.

Son catalogue compte plusieurs dizaines de sorties vinyles et digitales et rassemble des artistes emblématiques comme Radium, Mouse, AKira, The Clamps, Splinter Cell, Marlen, RZVX, Densha Crisis, Rabbeat ou Krista Bourgeois, tout en accompagnant une nouvelle génération de producteurs et productrices.

Karnage & Kosen : deux labels, une même dynamique

Cette dynamique se prolonge avec Kosen Production, label créé en 2011 et consacré principalement à la Drum & Bass et au Neurofunk.

Complémentaires dans leurs identités artistiques, Karnage et Kosen développent ensemble un réseau de collaborations avec des festivals, clubs, labels et collectifs en Belgique, aux Pays-Bas, en République tchèque, en Allemagne, en Espagne, en Colombie, en Australie, à Bali ou encore aux États-Unis.

Les artistes accompagnés par les deux labels se produisent régulièrement sur des scènes françaises et internationales, contribuant au rayonnement d’une création électronique indépendante issue de Toulouse et de l’Occitanie.

Queens : agir pour une scène plus représentative

L’évolution de Karnage ne se limite plus à la production et à la diffusion musicale.

Dès 2019, le label initie le projet Queens, avec l’ambition de contribuer à une meilleure représentation des femmes dans les musiques électroniques.

À travers la production discographique, la diffusion des œuvres, la programmation et la mise en visibilité des artistes, cette initiative marque le début d’un engagement structuré en faveur de la parité et de la diversité.

Cet engagement est aujourd’hui pleinement intégré à l’identité et aux pratiques de la structure, avec près de 40 % de femmes et de personnes issues des minorités de genre dans les programmations des événements produits par l’association.

Kazokoo : un nouveau lieu pour créer, transmettre et coopérer

En 2025, une nouvelle étape est franchie avec la création de Kazokoo, tiers-lieu culturel dédié aux musiques actuelles et électroniques, à la création artistique et aux métiers du spectacle vivant.

Kazokoo prolonge sur un territoire physique les valeurs développées depuis trente ans : créer, expérimenter, transmettre, accompagner les artistes et favoriser les rencontres entre professionnels, amateurs, publics et nouvelles générations.

Le lieu permet notamment de développer des résidences, des temps de création, des ateliers, des rencontres professionnelles, des formations et des projets d’action culturelle.

Transmission et action culturelle

Au fil des années, la transmission prend une place croissante dans le projet.

Des actions de médiation socioculturelle autour des musiques actuelles et électroniques sont développées à travers des ateliers de DJing, de MAO et de production musicale, des masterclass, des rencontres professionnelles et des temps de découverte des métiers de la musique et du spectacle vivant.

Ces actions sont menées en lien avec des centres culturels, des établissements scolaires, des structures jeunesse et différents partenaires du territoire.

L’objectif est double : rendre accessibles des pratiques artistiques longtemps considérées comme marginales et transmettre les savoir-faire acquis au cours de trois décennies d’expérience professionnelle.

Inclusion, prévention et engagement

Le collectif défend également une culture plus inclusive, accessible et responsable.

Il participe chaque année à la Marche des Fiertés de Toulouse, développe des actions de prévention des violences et harcèlements sexistes et sexuels (VHSS), travaille sur la réduction des risques en milieu festif et défend une meilleure représentation de toutes et tous dans les musiques électroniques.

Ces engagements prolongent une conviction présente depuis les origines du projet : les cultures électroniques sont autant des espaces de création que des espaces d’émancipation, de rencontre et de transformation sociale.

Un écosystème culturel en développement

Aujourd’hui, les projets portés par Karnage, Kosen, Kaonashi et Kazokoo constituent un écosystème réunissant production musicale, spectacle vivant, accompagnement artistique, diffusion, transmission et action culturelle.

Ils représentent chaque année près de :

  • 50 000 billets vendus ;

  • plus de 35 événements produits ;

  • plus de 100 000 personnes réunies au sein des communautés numériques ;

  • plus de 500 000 vues sur les contenus vidéo ;

  • plus de 70 bénévoles mobilisés ;

  • 6 salarié·e·s, auxquels s’ajoutent des volontaires en service civique et de nombreux artistes, technicien·ne·s, intervenant·e·s et professionnel·le·s mobilisés autour des projets.

Ces chiffres témoignent du changement d’échelle du projet, mais également de sa capacité à conserver un fonctionnement collectif et une forte implantation dans son territoire.

Trente ans d’indépendance et de transmission

En trois décennies, Karnage Records est passé d’une culture issue des sound systems et des free parties à un projet culturel structuré, reconnu en France comme à l’international.

Production musicale, accompagnement et diffusion d’artistes, organisation d’événements, coopération internationale, transmission, action culturelle et innovation sociale constituent aujourd’hui les différentes dimensions d’un même projet.

Une évolution qui reste fidèle aux principes qui ont accompagné son histoire depuis Fraktal Concept : indépendance, partage, expérimentation, coopération et liberté de créer.

À l’approche de ses trente ans, Karnage prépare une nouvelle étape de son histoire avec la publication d’un ouvrage consacré à trois décennies de cultures électroniques indépendantes, accompagné d’expositions, de conférences, de rencontres et d’actions de médiation.

Au-delà de la célébration d’un label, ce projet porte une ambition plus large : documenter, préserver et transmettre une partie de la mémoire des cultures électroniques et des mouvements alternatifs, afin que cette histoire, longtemps construite en marge des institutions, puisse être partagée avec les générations futures.

 

KARNAGE RECORDS — THREE DECADES OF INDEPENDENT ELECTRONIC CULTURE

1994–1998: The Roots

The story of Karnage Records began with Fraktal Concept, a sound system founded in 1994 by Thanos, Matt and Maniak in South-West France.

At a time when free parties were becoming a genuine alternative cultural movement, the collective organised numerous events and developed collaborations with Praxis, Stormcore and other activists from the European electronic music scene.

Fraktal brought together around twenty people with a wide range of skills and backgrounds: musicians — Mouse, Maniak, No Name, Joël Giraldou… — DJs — Thanos, Matt, Gobelin, Gyl, Eclypse, THX… — as well as graphic designers, technicians, organisers and decorators.

Beyond organising parties, Fraktal played an active role in shaping a growing underground scene. The collective released several vinyl records and collaborated with key figures and organisations within the movement, including Armagued Nad, Praxis and Stormcore.

At a time when electronic music and free party culture were still heavily stigmatised, members of the collective also contributed to various fanzines, defending artists from the free party scene and calling for greater cultural recognition of the movement.

This culture of independence, collective action, experimentation and DIY became the foundation on which Karnage Records was built.

1998–2019: From the Underground to Major Stages

After several years together, the members of Fraktal gradually followed their own artistic paths. It was in this context that DJ Thanos founded Karnage Records in 1998.

From the early 2000s onwards, Karnage quickly grew beyond its original role as a record label. The organisation developed its activities across music production, artist booking and live events, both in France and internationally.

The first Lost Island events at Le Bikini in Toulouse marked a turning point. The third edition attracted nearly 5,000 people, with a line-up featuring iconic hardcore artists such as Liza N’Eliaz, Manu Le Malin, Micropoint, Radium, Joshua and Armagued Nad.

Karnage gradually established itself as a major player within the French hardcore scene.

Koalition: Bringing Electronic Cultures Together

In 2005, Karnage launched the Koalition Festival.

Originally created as a meeting point for electronic music communities, the festival quickly expanded to embrace a broad range of electronic genres, bringing together international artists, established names and emerging collectives from the Toulouse scene.

Some editions attracted more than 10,000 festival-goers.

From 2011 onwards, Koalition grew to a new scale, with two days of programming, eight stages and more than 80 artists, DJs, VJs and performers.

At the same time, Karnage developed a strong international network. Collaborations were established with scenes in Belgium, the Netherlands and the Czech Republic, while connections with Colombia became a major part of the label’s international development.

Events and collaborations took place in Bogotá, Prague and several other European cities, firmly establishing Karnage within the international hardcore network.

Twenty Years of Karnage

To celebrate its 20th anniversary, Karnage organised a series of events in 2018 across several iconic venues in Toulouse.

The celebrations culminated on 9 February 2019 with Day One, a nine-hour event at the Zénith de Toulouse featuring around twenty artists and attracting nearly 5,000 people.

The anniversary reflected how far the project had come: from its roots in free party sound system culture to an organisation capable of producing major events, while remaining committed to its independent identity.

Since 2020: From Independent Label to Cultural Organisation

From 2020 onwards, Karnage continued to evolve despite an exceptionally challenging period for the cultural sector.

The Covid-19 crisis led the organisation to rethink its economic model and accelerate the diversification of its activities.

Alongside its historical work in music production, artist development and live events, the organisation strengthened its artist support programmes, expanded its booking activities, developed further international partnerships and increasingly invested in education, cultural outreach and professional training.

Nearly three decades after its creation, Karnage Records has established itself as one of France’s leading independent labels for hardcore and harder forms of electronic music.

Its catalogue includes dozens of vinyl and digital releases featuring artists such as Radium, Mouse, AKira, The Clamps, Splinter Cell, Marlen, RZVX, Densha Crisis, Rabbeat and Krista Bourgeois.

Building on this legacy, Karnage Records continues to support a new generation of producers while maintaining a strong, independent artistic direction and a clear commitment to emerging scenes.

Karnage & Kosen: Two Labels, One Vision

This development continued with Kosen Production, founded in 2011 and primarily dedicated to Drum & Bass and Neurofunk.

With complementary artistic identities, Karnage and Kosen have built a network of collaborations with festivals, clubs, labels and collectives in Belgium, the Netherlands, the Czech Republic, Germany, Spain, Colombia, Australia, Bali and the United States.

Artists represented by both labels regularly perform on major stages in France and abroad, contributing to the international visibility of independent electronic music coming out of Toulouse and the Occitanie region.

Queens: Supporting Greater Representation

Karnage’s development goes far beyond music production and live events.

In 2019, the label launched Queens, an initiative created to improve the representation of women within electronic music.

Through record releases, artist development, programming and increased visibility, the project marked the beginning of a long-term commitment to gender equality and diversity.

This commitment is now fully integrated into the organisation’s identity and programming, with around 40% women and gender minorities represented across the events produced by the association.

Kazokoo: A New Space for Creation, Learning and Collaboration

In 2025, the organisation reached another milestone with the creation of Kazokoo, a cultural hub dedicated to contemporary and electronic music, artistic creation and the live entertainment industry.

Kazokoo brings the values developed over the past three decades into a physical space: creating, experimenting, sharing knowledge, supporting artists and encouraging connections between professionals, emerging talent, audiences and younger generations.

The venue hosts artist residencies, creative sessions, workshops, professional meetings, training programmes and cultural outreach projects.

Education and Cultural Outreach

Over the years, education and knowledge-sharing have become an increasingly important part of the project.

The organisation develops cultural outreach programmes around contemporary and electronic music through DJing, electronic music production and computer-assisted music workshops, masterclasses, professional meetings and introductions to careers within the music and live entertainment industries.

These projects are developed in partnership with cultural centres, schools, youth organisations and other local partners.

The aim is twofold: to make artistic practices that were once considered marginal more accessible, and to pass on the knowledge and expertise built up over three decades of professional experience.

Inclusion, Prevention and Social Commitment

The collective is also committed to making culture more inclusive, accessible and responsible.

It takes part in the Toulouse Pride March every year, develops initiatives to prevent sexual and gender-based violence and harassment, supports harm-reduction measures in nightlife environments, and advocates for better representation across electronic music.

These commitments reflect a belief that has been part of the project since its earliest days: electronic cultures are not only spaces for artistic creation, but also spaces for freedom, connection, empowerment and social change.

A Growing Cultural Ecosystem

Today, the projects developed through Karnage, Kosen, Kaonashi and Kazokoo form a wider cultural ecosystem bringing together music production, live events, artist development, booking, education and cultural outreach.

Each year, these activities represent approximately:

  • 50,000 tickets sold

  • more than 35 events produced

  • a digital community of over 100,000 people

  • more than 500,000 views across video content

  • a network of over 70 volunteers

  • 6 employees, alongside civic service volunteers and a wider network of artists, technicians, trainers and cultural professionals involved in the different projects.

These figures reflect the growth of the organisation while also demonstrating its ability to maintain a strong collective approach and deep roots within its local community.

Thirty Years of Independence and Transmission

Over three decades, Karnage Records has grown from the world of sound systems and free parties into a structured cultural organisation recognised both in France and internationally.

Music production, artist development and booking, live events, international cooperation, education, cultural outreach and social innovation are now all part of the same project.

Throughout this evolution, Karnage has remained true to the principles that shaped its beginnings with Fraktal Concept: independence, sharing, experimentation, collaboration and creative freedom.

As Karnage approaches its 30th anniversary, the organisation is preparing a new chapter in its history with the publication of a book documenting three decades of independent electronic culture, alongside exhibitions, talks, public events and educational projects.

More than simply celebrating the history of a record label, the project has a wider ambition: to document, preserve and pass on the history of electronic and alternative cultures, ensuring that a movement largely built outside traditional cultural institutions can be shared with future generations.

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